La Thérapie des Schémas a pour but d’aider la personne à se débarrasser de l’emprise de schémas, ensemble d’émotions, souvenirs, croyances, sensations dont l’origine remonte à l’enfance ou à l’adolescence et qui amènent la personne à des scénarios de vie répétitifs et dysfonctionnels (ex : choisir des partenaires de vie maltraitants chez une personne ayant un schéma d’imperfection).

Ces schémas naissent dans les première années de vie quand les besoins fondamentaux de l’enfant n’ont pas été suffisamment comblés. Il s’agit des besoins de sécurité et d’attachement ; d’autonomie ; d’expression, de spontanéité et de jeu ; de mise en place de limites. Influencés par le tempérament (partie innée, génétique de la personnalité), les schémas découlent de la répétition de comportements inadéquates et/ou de troubles de la personnalité des premières figures d’attachement (en général, les parents) et s’ancrent dans la personnalité de l’individu, plus ou moins consciemment. La mise en place de ces schémas suite à ces carences environnementales de l’enfance vont donner lieu à des stratégies d’adaptation (styles comportementaux qui peuvent être de 3 sortes : évitement, compensation, ou soumission au schéma) pour faire face à ces schémas. Ces comportements adaptés dans l’enfance (ex : un enfant qui évite de se confier à une mère humiliante) deviennent dysfonctionnels à l’âge adulte (ex : ce même enfant qui, devenu grand, ne se confie à personne) car le contexte environnemental de l’individu a changé et qu’il y réagit comme si celui-ci était le même.

La thérapie des schémas utilise pour remédier à l’influence néfaste des schémas trois catégories d’intervention : des techniques émotionnelles (ex : travail d’imagerie permettant, grâce aux ressources de l’imaginaire, d’identifier les origines affectives des schémas et de « reparenter » le « moi-enfant » de l’individu en souffrance) ; des techniques cognitives (ex : aider l’individu à trouver des contre-arguments aux croyances associées à ses schémas) ; des techniques comportementales (planifier des « épreuves de réalité » pour prouver à l’individu qu’il peut atteindre des objectifs qu’il croyait impossibles à cause de ses schémas).

La thérapie des schémas dure en général de un à deux ans selon le degré de perturbation de la personnalité de l’individu. Cependant, les premiers effets bénéfiques se font ressentir au bout de quelques mois voire quelques semaines.